espace membres
 

Horizon Paysage

forum

Accueil

L'association

Présentation
Contact
Les Chercheurs
Liens

Formations
Centres de Recherche
Espace membres

La Fabrique du Paysage

Almanach
Publications
Paysages en devenir

Actualité
Actualité éditoriale

La Lettre du Paysage

Points de vue

L'anthologie insolite du paysage

Archives du Paysage
Bibliothèque du Paysage

Thèses et Mémoires
Colloques et Séminaires
Expositions


 

 

La fabrique du paysage








 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 


La fabrique du paysage


La Fabrique du paysage
Automne 2004



Il n’y a pas de paysage? On en fabrique un, on croit qu’il est vrai et on vit” 
Francine Combelles(1)


Cette rubrique se voudrait la chronique de ces petits faits quasiment inters
titiels qui font, parfois en le défaisant, le paysage considéré dans son processus interactif entre l’homme et son milieu naturel ou social . Chacun de nos gestes fabrique du paysage : inventions techniques, décisions politiques, comportements quotidiens, habitudes de consommation, sans parler des événements naturels ou humains et de toute action ciblée sur le site. De même, tout ce qui modifie notre regard et, plus globalement, notre perception du monde et notre sensibilité – du travail de l’artiste et de l’écrivain à celui, critique, du penseur et du chercheur – informe et transforme ce que “nous appelons un paysage”. A un autre niveau, c’est le travail de la langue qui fait le paysage. A l’instar du mythe suivant Lévi-Strauss, le paysage, quel qu’il soit, inclut la totalité de ses variantes, de ses lectures et des débats qu’il suscite. Plus modeste qu’invention ou même construction, fabrique n’induit aucune démiurgie mais relève plutôt de la “pensée sauvage”, celle de notre lointain ancêtre, l’homo faber, bricolant l’espace pour déjà l’aménager. Le paysage, toujours en devenir, procède d’une collaboration forcée et souvent conflictuelle entre la nature, le temps et l’homme, tous artisans d’un même ouvrage. Sans doute le succès actuel (2) de ce concept vient-il de cette prise de conscience que “tout travaille à tout” (Hugo) dans une création ininterrompue. On aura noté que “fabrique” se distingue de “fabrication”, production mécanique quasi industrielle induite par la demande du consommateur. Dérive inquiétante, l’industrie du paysage (tourisme, publicité, etc.) constitue une vraie menace si l’on considère qu’en retour le paysage fabrique aussi l’homme de demain.
C’est pourquoi cette rubrique tout en continuant à refléter l’actualité du paysage ("actualité" et "actualité éditoriale", à la fois dans la création et dans la recherche (“Almanach” et “Publications”) tentera de saisir sur le vif, in actu, cette lente parturition du paysage (“Paysages en devenir”). A vrai dire, c’est tout le site et toute l’activité de notre association qui pourraient être mis sous cette enseigne puisque notre but est de fournir à tous ceux qui se sentent concernés l’outillage conceptuel et les informations qui permettent à chacun de fabriquer son paysage.


Françoise Chenet

(1) Francine Combelles, Aletheia n° 5. Qu’en est-il du nihilisme? août 1966. Francine Combelles s’est suicidée le 5 août 1965 : c’est à sa mémoire que cette rubrique est dédiée.

(2) Voir les titres comme La Fabrique du continu, de Jean-Paul Goux (1999), La Fabrique d’une nation, de Claude Nicolet (2003), La Fabrique de la langue, de Lise Gauvin (2004). Philippe Nys avait intitulé “La Sphère et/ou la Gourde. Le moment contemporain de la fabrique du paysage” son séminaire au Collège international de Philosophie et reprit ce titre pour le colloque qu’il a organisé à Tokyo les 29-31 janvier 2002. Voir ici même, La Lettre brève du Paysage, 2001-2002 et La Lettre du Paysage, n° 5. On n’aura garde d’oublier la paradigmatique Fabrique du pré de Francis Ponge (1971). Enfin, un ouvrage porte ce titre : François Deck, La Fabrique du paysage, Ecole des Beaux-Arts de Grenoble, 1994, ainsi qu’un article de Jean Burgos : “La fabrique du paysage apollinarien”, Du paysage apollinarien, Stavelot 90, Archives des lettres modernes, n° 246.

Haut î

Almanach

Expositions

•Jusqu'au 20 novembre 2004 : Jean-Luc Chapin, Le parti-pris des arbres, Galerie Photo, 15, rue de la Chaîne, 76000 Rouen.Tél. : 02 35 89 36 96.

•Jusqu'au 21 novembre 2004 : Les peintres de la baie de Somme : de Boudin à Mannessiev, Musée Boucher de Perthes. 24, rue Gontier-Patin. 80100 Abbeville. Tél. 03 22 24 08 49.

•Jusqu'au 21 novembre 2004 : Photographier le patrimoine, Photographies de l’Inventaire général du patrimoine culturel, BnF, site François Mitterrand, Déambulatoire, entrée libre.

•Jusqu’au 28 novembre 2004 : “A l’image du temps : Paul Celan et Gisèle Celan Lestrange ”, musée Victor Hugo à Villequier et Hôtel de Région à Rouen, rue Robert Schumann, 76174 Rouen Cedex. Tél. 02 35 52 56 00. www.region-haute-normandie.fr

•Du 7-11 decembre 2004 : Christian Gardair, “La Nuit étoilée”, Galerie Olivier Nouvellet, 19, rue de Seine, Paris VIe. A cette occasion sera présenté le DVD, A la recherche de Vincent Van Gogh, réalisé par Christian Gardair, avec l'aide du photographe Philippe Cabaret et la participation de MIchel Collot, Jean-Michel Maulpoix, Baldine Saint Girons et Jean X. Baver. En souscription : contact : gardair@wanadoo.fr

•Jusqu’au 15 décembre 2004 : Paysages invisibles, Musée départemental d’art contemporain de Rochechouart, 87600 Rochechouart. Tél : 05 55 03 77. www.musee-rochechouart.com

•Jusqu'au 18 décembre, Architecture et humanisme : Léon Battista Alberti, 1404-1472, Ecole d'architecture Paris-Malaquais, 14, rue Bonaparte, Paris VIe.

•Jusqu’au 24 décembre 2004 : James Turrell, galerie Almine Rech, 127, rue du Chevaleret, 75013 Paris. Tél. :01 45 83 71 90.

•Jusqu’au 30 décembre 2004 : Documentary and anti-graphic photographs (Manuel Alvarez Bravo, Henri Cartier-Bresson, Walker Evans), Fondation Henri-Cartier Bresson, 2, impasse Lebouis, 75014. Tél : 01 56 80 27 00.

•Jusqu’au 30 décembre 2004 : The Naked City/La Ville à nu, Site des Subsistances militaires, 88 rue du Colombier (angle bd Rocheplatte) 45000 Orléans. Tél. :02 38 53 06 16. E-mail : contact@archilab.org / www.archilab.org

[Exposition organisée par Archilab 2004 dont le propos est de “ramener la réalité de la ville à sa forme la plus simple, voire la plus rudimentaire” et de démontrer “comment Orléans à travers ses problèmes et ses possibilités de développement (emblématiques de la ville européenne d’aujourd’hui) - participe de cette réalité”. Bart Lootsma, Commissaire d’Archilab 2004].

•Jusqu’au 22 décembre 2004 :A la découverte de la Sibérie. L’itinéraire des voyageurs et géographes français, de Pierre le Grand à nos jours. Médiathèque du Muséum d’Histoire Naturelle, 36bis rue Geoffroy Saint-Hilaire, Paris Ve. Site : www.mnhn.fr

•Jusqu’au 31 décembre 2004 : Miriam Bäckström et Denise Gründstein, apparences étranges (dont la série “Figures in landscape”. Centre culturel suédois, 11, rue Payenne, Paris IIIe.

•Jusqu’au 2 janvier 2005 : Opération Carbone. Une expérience de lutte contre l’effet de serre au Brésil. Cité des Sciences et de l’Industrie, 30, av Corentin Cariou, Paris XIXe. Tél. 01 40 05 80 00. Site : www.cite-sciences.fr

•Jusqu’au 3 janvier 2005 : Bernd et Hilla Becher. Centre Pompidou, galerie sud, niveau 1.Site : www.centrepompidou.fr

•Jusqu’au 3 janvier 2005 : Primatice, maître de Fontainebleau, Musée du Louvre, Hall Napoléon. Tél. : 01 40 20 53 17.

•Jusqu’au 5 janvier 2005 : Islande. Terre vivante. Présentation de la recherche sur l’environnement islandais : volcanologie, géothermie. Palais de la Découverte, av. Franklin Roosevelt, Paris XVIe. Tél. 01 56 43 20 21.

•Jusqu’au 8 janvier 2005 : Paysage intérieur. Un parcours dans l’œuvre de Paul Louis Rossi, Médiathèque Jacques Demy, 24, Quai de la Fosse, Nantes. Tél. 02 40 41 95 95. www.nantes.fr
[Paul Louis Rossi a été particulièrement inspiré par ce que le poète anglais Gerard Manley Hopkins avait appelé inscape, ou paysage intérieur : “Le dessin ou le motif, ou ce que j’ai coutume d’appeler l’inscape est ce que je vise par dessus tout.” En référence à ce mode de composition, l’exposition propose un parcours chronologique dans l’œuvre de Paul Louis Rossi. Elle est accompagnée d’un ouvrage publié aux éditions Joca Seria et d’une série de manifestations en hommage au poète qui a fait don de ses manuscrits et archives à sa ville natale. Le Fonds est consultable à la Médiathèque Jacques Demy].

•Jusqu’au 8 janvier 2005 : Visiteur du clair et de l’obscur. Carte blanche à Paul Louis Rossi, Musée des Beaux-Arts, 10, rue Georges-Clemenceau. Tél. : 02 51 17 45 00. www.nantes.fr

•Jusqu’au 8 janvier 2005 : Gaston Planet, Le Ring, Espace Jacques Demy, 24, Quai de la Fosse, Nantes. Tél. 02 40 73 12 78. www.le-ring.com

•Jusqu’au 10 janvier 2005 : Bernardo Bellotto, tableaux du château royal de Varsovie. Musée du Louvre, Salle de la Chapelle. Tél. 01 40 67 20 53 17. Site : www.louvre.fr

•Jusqu’au 10 janvier 2005 : Jean-Baptiste Le Prince, (1734 – 1781) Le Voyage en Russie, Musée des Beaux-Arts de Rouen, Cabinet des dessins, Esplanade Marcel-Duchamp, 76000 Rouen, Tél. : 02 35 71 28 40.

[Né à Metz d’un père d’origine rouennaise exerçant la profession de doreur J.B. Le Prince se forma dans l’atelier parisien de Boucher, maître dont le style “ charmant ” et rocaille l’influença profondément . Il est l’inventeur de la technique de l’aquatinte. Chez le Prince le paysage est omniprésent dans ses premières œuvres gravées, inspirées des espaces étranges et compostions fantastiques de Piranèse. Il s’y consacre à nouveau pleinement dans les dernières années de son existence à partir de 1775. Si l’exposition de Rouen ne place pas au cœur de son propos le traitement du motif paysager chez le Prince, elle permet en filigrane d’en suivre l’évolution entre les décennies 1750 et 1780. Au retour de son expédition en Russie, effectuée sur ordre du roi Louis XV afin d’observer un phénomène astronomique rare - le passage de Vénus devant le soleil- l’abbé Chappe choisit J.B. le Prince pour illustrer son récit, qui mêle des considérations d’ordre divers, historique, politique, ethnographique, scientifique, …. A travers deux des gravures à l’eau forte du Tome I de l’ouvrage, présentées aux cimaises du musée, Le Prince montre une maîtrise certaine de la composition paysagère :
- La vue de la ville de Tobolsk constitue un panorama sur une ville représentée dans le lointain hérissée de clochers et longée au premier plan par le ruban d’un fleuve calme, digne de l’école du Nord des peintres paysagistes du XVIIIe siècle.
- Dans sa manière de restituer au crépuscule le campement d’une troupe établi en sous bois , J.B. Le Prince révèle l’attention particulière portée à l’ombre et la lumière qui sculptent et modèlent le relief.
En marge de ce travail d’illustration J.B. Le Prince s’est inspiré des terres de Russie, fréquentées lors d’un voyage personnel, pour donner à voir des paysages qui oscillent entre le dessin d’observation (gravures à l’eau forte et aquatintes des environs de Nerva, d’isbas isolées dans un environnement forestier), le genre de la marine et la peinture préfigurant le courant orientaliste (Pont près de Nerva, huile sur toile présentée au salon de 1769).
L’exposition se termine par deux dessins à la pierre noire représentatifs de la dernière période de l’artiste. Le passage du gué évoque les paysages apaisants et bucoliques de Watteau ou Boucher. Avec bergers près d’un pont J.B. le Prince renoue plutôt avec la tradition des paysagistes du Nord.

Bénédicte Duthion]  

•Jusqu’au 16 janvier 2005 : La mer, terreur et fascination, BnF, site François Mitterrand, Grande Galerie. Site : www.bnf.fr

•Jusqu’au 16 janvier 2005 : New-York et l’art moderne, Alfred Stieglitz et son cercle, 1905-1930, Musée d’Orsay, Tél. :01 40 49 48 14. Site : www.rmn.fr

•Jusqu’au 17 janvier 2005 : Turner, Whistler, Monet. Grand Palais, av. du Général Eisenhower, Paris VIIIe. Tél. : 01 44 13 17 17. Site : www.rmn.fr

•Jusqu’au 23 janvier 2005 : Le Gray-Soulages et Courbet-Ousler, Musée d’Orsay. Tél. :01 40 49 48 14.

•Jusqu’au 23 janvier 2005 : Marquet, vues de Paris et de l’Ile-de-France. Musée Carnavalet,, 23, rue Sévigné, Paris IIIe, Tél. 01 44 59 58 58.

•Jusqu’au 30 janvier 2005 : Rétrospective Jean Puy. Un Fauve discret. Musée Marmottan-Monet, 2 rue Louis-Boilly, Paris XVIe. Tél. 01 44 96 50 33. Site : www.marmottan.com

•Jusqu’au 12 février 2005 : Agence France-Presse, 1944-2004. Photographies, BnF, site Richelieu, galerie Mazarine, 58, rue de Richelieu, Tél. : 01 53 79 59 59. Site : www.bnf.fr

•Jusqu’au 27 février 2005 : Raymond Depardon, 7x3, une exposition de films, Fondation Cartier, 261, bd Raspail, Paris XIVe, Tél. : 01 42 18 56 50.

•Jusqu’au 27 mars 2005 : Bienvenue à Entropia, Œuvres de la collection du FRAC Limousin, Le Milieu Vassivière en Limousin, Centre national d’art et du paysage, Ile de Vassivière, 87120 Vassivière. Tél. : 05 55 69 27 27. E-mail : centre.d-art.vassiviere@wanadoo.fr

•Jusqu’au 30 juin 2005 : Climax, Cité des Sciences et de l’Industrie, 30, av Corentin Cariou, Paris XIXe. Tél. 01 40 05 80 00.

Haut de page

Séminaires

Séminaires dirigés par Augustin Berque, Centre de recherches sur le Japon, 105 bd Raspail 75006 Paris. Tél. (l'après-midi) 01 45 49 76 61, télécopie 01 45 49 76 01, courriel berque@ehess.fr.

•Paysage et écoumène : Augustin Berque, directeur d'études
Vendredi de 15h à 17h au 1er semestre (laboratoire “ Architecture, Milieu, Paysage ”, 118 avenue Jean-Jaurès, 75019), à partir du 5 novembre.
Ce cours, principalement mais non exclusivement destiné aux étudiants du DEA Jardins, paysages, territoires, situe la question du paysage au sein d'une problématique de l'écoumène (c'est-à-dire le problème onto-géographique de l'habiter humain sur terre).

•Histoire de l'habitat en Asie orientale, Augustin Berque, directeur d'études : “Histoire de la désurbanité, 3 : Médiance et soutenabilité dans l’habitation japonaise ”
Les 4e et 5e jeudis du mois de 18h à 20h (amphithéâtre, 105 bd Raspail), à partir du 25 novembre.
Après avoir montré la filiation qui, de la tradition érémitique chinoise, mène jusqu'au pavillon à jardinet dans le Japon contemporain par le truchement de la poésie et de l'esthétique de la cérémonie du thé, en particulier dans la tradition architecturale (pavillon et jardin) du sukiya zukuri, le cours examinera les modalités contemporaines de l’habitat au Japon en référence à la problématique du développement durable, en utilisant le potentiel critique du concept d’écoumène.

•Architecture et anthropologie : “L'habiter dans sa poétique première”
Augustin Berque, directeur d'études, Alessia de Biase , co-directrice du laboratoire Architecture/Anthropologie de l’ École d’architecture de Paris-la Villette, Philippe Bonnin, directeur de recherches au CNRS, Cynthia Ghorra-Gobin, directrice de recherches au CNRS, Jean-Paul Loubes, professeur à l’École d’architecture de Bordeaux, Yann Nussaume, professeur associé à l’École d’architecture de Paris-la Villette, Jean-Yves Petiteau, ingénieur de recherche au CNRS, François Robatel, chargé de mission au CNRS, Jacques van Waerbeke, maître de conférences à l'IUFM de Créteil.
Le jeudi de 18 à 20h (amphithéâtre, 105 bd Raspail), à partir du 4 novembre.
Dichterisch wohnt der Mensch, “l'humain habite en poète” : ces mots de Hölderlin nous ont hantés depuis le commentaire que Heidegger en a fait dans sa conférence Bâtir, habiter, penser. Ils introduisent à une ontologie de l'habiter qui a subverti les dogmes fonctionnalistes du mouvement moderne en architecture. Un demi siècle après la fameuse conférence de Darmstadt (5 août 1951), cet ensemble de quatre séminaires complémentaires vise à établir un panorama, une synthèse et une projection des changements qui se sont produits depuis dans nos conceptions et nos pratiques de l'habiter. Ce questionnement croise diverses échelles, de la localité du site aux grands équilibres de la biosphère, des cultures locales aux dynamiques de la mondialisation, de la possibilité d'un vernaculaire contemporain à celle d'une cosmicité retrouvée. Pluridisciplinaire, il réunit des champs que l'architecte à lui seul ne peut jamais tous intégrer dans sa formation ni dans pratique, et qui pourtant sont les champs où œuvre nécessairement son architecture : de l'ontologie à l'écologie, de la géographie à la poétique... Par dessus tout, ce questionnement insistera donc sur les thèmes génériques pouvant conduire à une vision plus cohérente et plus authentique du rôle de l'architecture dans le déploiement de l'écoumène : oikoumenê Gê, la Terre en tant que demeure humaine.

Les quatre séminaires se succèdent comme suit :

1. L'architecture située : le 1er jeudi du mois ;
2. L'architecte et la Terre : le 2e jeudi du mois ;
3. Architecture et milieu au Japon : le 3e jeudi du mois ;
4. Médiance et soutenabilité dans l'habitation japonaise : les 4e et 5e jeudis du mois.

•Université de Paris III, Séminaire “Paysage et modernité(s)”, 2004-2005, Équipe “ Recherches sur la poésie contemporaine ”, FRE 2332 “ Ecritures de la modernité ”, CNRS / Université de Paris III – Sorbonne Nouvelle. Responsables : Michel Collot & Aline Bergé. Contact : Dominique Simon, 01 45 87 41

Dans ce séminaire, qui s’inscrit dans le prolongement de la réflexion engagée l’an dernier et dans le perspective d’un colloque interdisciplinaire et international qui aura lieu les 10, 11 et 12 mars 2005, nous interrogerons les rapports entre le paysage et la modernité, qu’on se gardera bien de figer dans une essence univoque, car elle connaît des temporalités et des définitions différentes d’une discipline à l’autre, et des interprétations divergentes à l’intérieur d’un même champ. On l’envisagera donc dans sa relativité et sa pluralité, tout en la référant à trois moments décisifs de l’histoire du paysage européen, sans s’interdire de la confronter à d’autres traditions paysagères : “les temps modernes”, “les temps modernes” ; que d’aucuns considèrent comme le moment d’émergence de la notion et d’essor des arts du paysage, la “modernité” post-baudelairienne, illustrée notamment par l’évolution des arts occidentaux de la fin du XIXème à celle du XXème siècle, qui semble marquer une réévaluation voire une remise en cause du paysage ; la période contemporaine (postmoderne ? surmoderne ?), qui voit une résurgence du paysage et un renouvellement de ses enjeux, et qui interroge la notion même de “ modernité ”.
Nous avons fait appel notamment à des écrivains, avec qui le séminaire prendra souvent la forme d’un entretien sur la base de leurs travaux. C’est pourquoi nous rappelons ci-dessous quelques-unes de leurs publications, dont il serait bon que les participants aient pris connaissance pour pouvoir approfondir nos discussions.

Le Séminaire aura lieu le vendredi de 17 h à 19 h en salle 410 au Centre Censier, 4ème étage, Université de Paris III-Sorbonne nouvelle, 13 rue Santeuil, 75005 Paris.
Calendrier :
- 5 novembre 2004 : Michel Collot, “Romantisme et modernité(s)” ; Aline Bergé, “Phases et contre-phases : du paysage moderne à la sur-modernité ”.
- 3 décembre 2004 : Pierre Bergounioux, écrivain, professeur de lettres (Miette [1994], Folio ; La Cécité d’Homère, Circé, 1995 ; D’abord, nous sommes au monde, éditions du Laquet, 1995 ; Le Premier mot, Gallimard, 2001 ; Un peu de bleu dans le paysage, Verdier, 2001).
- 7 janvier 2005 : François Jullien, philosophe, directeur de l’Institut de la pensée contemporaine, Université Paris VII (La Valeur allusive [1985], Quadrige, PUF, 2003 ; Éloge de la fadeur [1991], Biblio Essais, 1993 ; Le Détour et l’accès, Stratégies du sens en Chine, en Grèce [1995], Biblio essais, 1997 ; La Grande image n’a pas de forme, Seuil, 2003).
– 4 février 2005 : Thierry Paquot, philosophe, professeur à l’Institut d’urbanisme de Paris, Université Paris XII-Val-de-Marne, éditeur de la revue Urbanisme (“Le paysage urbain, l’écoumène de la modernité”, dans Ch. Younès dir., Ville contre nature, Philosophie et architecture, La Découverte & Syros, 1999 ; avec M. Lussault & S. Body-Gendrot (dir.), La Ville et l’urbain, l’état des savoirs, La Découverte, 2000).
- 25 mars 2005 : Jean-Christophe Bailly, écrivain, essayiste. Enseigne à l’Ecole Nationale Supérieure de la Nature et du Paysage de Blois (La Fin de l’hymne, Bourgois, 1991 ; Description d’Olonne, Bourgois, 1992 ; Panoramiques, Bourgois, 2000 ; Tuiles détachées, Mercure de France, 2004).
- 15 avril 2005 : François Bon, écrivain, webmaster du site Internet de littérature contemporaine Remue.net (Décor ciment, Minuit, 1988 ; Parking, Minuit, 1996 ; Dehors est la ville, sur Edward Hopper, Ed. Flohic, 1998 ; Autoroute, Seuil, 1999 ; Paysage fer, Verdier, 2000).
– 20 mai 2005 : Odile Marcel, Professeur de Philosophie à l’Université Lyon II, Présidente de l’Association La Compagnie du Paysage (Composer le paysage - Constructions et crises de l’espace (1789-1792), Champ Vallon, 1989. Temps et paysage, Tarabuste, 2000).
– 3 juin 2005 : Valérie Frantz, poète  et  plasticienne.    Enseigne à l’Union Centrale des Arts Décoratifs (publications dans La NRF, Légendes, “Matières du lieu, réalisations plastiques, intentions poétiques”).

Haut de page

Colloques, rencontres et journées d'étude

•24-27 novembre 2004 : “Paysages, ombres & lumières”, 5e rencontres euroméditerranéennes de VOLUBILIS, Théâtre des Halles, Avignon. Tél. : 04 32 76 24 66. Contact : a. volubilis@wanadoo.fr / site : www.volubilis.org

•26-28 novembre 2004 : “Statuts de l’image dans l’œuvre d’Yves Bonnefoy”, organisé par l’Université de la Sorbonne Nouvelle (Paris III) et le Centre de Recherche sur les Images et leurs Relations (C.R.I.R.).
Lieux : auditorium de la Maison de l’Amérique Latine, 217 bd Saint-Germain, Paris VIIe (26 nov.) ; Amphithéâtre Richelieu de la Sorbonne ( 27 nov.) ; Librairie Tschann, 125, bd du Montparnasse, Paris VIe où, le 28 novembre de 17 h à 19 h, Yves Bonnefoy fera une lecture de ses poèmes et de ses textes.

•L’Association Horizon Paysage et l’Équipe ATIR, université de Paris XII (Créteil) à l’université de Paris XII (Créteil), une deuxième journée d’étude : “Regards sur la ville, tour, détour”, prévue pour avril 2005.
Contact : Jacques Van Waerbeke : jacwaerb@club-internet.fr

2 - 3 décembre 2004 : Séminaire international : «Le pittoresque aux limites de moderne» ,
dans les locaux de la recherche de l’Ecole d’architecture de Paris La Villette, au 118-130, avenue Jean Jaurès, dans le 19ème arrondissement, de 9h à 18h.

4 décembre 2004 Rencontres d'Horizon Paysage :

Programme :

­ Christian Gardair : DVD, A la recherche de Vincent Van Gogh ;
­ Xavier Martel : du paysage dans les BD de F'murr ;
­ Augustin Berque : un débat sur les "enjeux intellectuels de la question du paysage dans le dernier quart de siècle" :

"A l'occasion d'une thèse récente, j'ai pu constater un retour critique sur ce qu'on a parfois appelé la thèse "culturaliste" en paysage, i.e. l'idée - que la génération sexagénaire d'entre nous a largement partagée et diffusée - qu'on peut résumer par la formule d'A. Cauquelin : l'"invention" du paysage. En même temps, ayant eu à collaborer au prochain Dictionnaire critique des sciences humaines pour l'entrée "paysage", j'ai eu moi-même à faire une petite synthèse de ce qu'auront été pour moi les principaux enjeux intellectuels de la question du paysage dans le dernier quart de siècle. Je propose que quelques-uns d'entre nous se livrent à ce petit exercice, en faisant circuler avant le 4 décembre de courts papiers synthétiques (p.ex., l'article pour le dictionnaire susdit devait faire moins de 10000 signes) dont nous discuterions ce jour-là. Je joins mon article pour info."

Haut de page




Publications

Collectifs, articles et actes de colloque

L’Aube, n°7, Aimons la ville, 222 p., 18 euros. [Dédié à Isaac Joseph, pionnier de l’écologie urbaine française récemment disparu, ce numéro tente de penser les différents attachements des habitants à la matière même de la ville, qui en font une configuration sociale visible].

Les Carnets du paysage, n° 11, Cheminements, Actes Sud/ENSP Versailles.

Les Cahiers de la Compagnie du Paysage, n° 2 - Bocage, regards croisés, 2004, 120 p. 28 photographies noir et blanc grand format (17,5 x 13,8 cm) et 12 photographies noir et blanc petits formats divers. Diffusion et commandes : La Compagnie du Paysage, La Font-Bûcher, 36170 La Châtre Langlin. 12 euros [C.R. Lettre du Paysage, 8].

Les Cahiers de la Compagnie du Paysage, n° 3, Le Défi du paysage, un projet pour l’agriculture, 2004, 320 p. 12 photographies hors-texte, Champ-Vallon, 01420 – Seyssel, 24 euros [C.R. Lettre du Paysage, 8].

Le Développement a-t-il un avenir ? Collectif Attac, Mille et Une Nuits, 256 p., 10 euros

Le Jardin du lettré. Synthèse des arts en Chine, dir. Sophie Couëtoux, Gilles Baud-Bertthier et Che Bing Chiu, Éd. de l’Imprimeur en partenariat avec le musée Albert-Kahn, 304 p., 122 ill., 45euros.

Les Gratte-ciel de Villeurbanne, dir. Anne-Sophie Clémençon, Éd. de l’Imprimeur, coll. “ Tranches de Villes ”, 288 p., 15à ill., 43 euros.

Paysages en poésie, photos d’Hélène Binet, Balthasar Burkhard et Tholmas Flechtner. Textes de Pierre Bergounioux, Michel Butor et Jacques Réda, dir. Pierre Starobinski, Infolio éditions, En Crausaz, CH-1124 Gollion, 76 CHF/49 euros. Site : www.infolio.ch [C.R. Lettre du Paysage, n° 8].

Pour la Science, Les formes de la vie, Dossier hors série, juillet-septembre 2004, 120 p., 6,90 euros. Vente en kiosque. Site : www.pourlascience.com [C.R. Lettre du Paysage, 8].

Science du changement climatique. Acquis et controverses, collectif de l’Iddri (Institut du développement durable et des relations internationales), 104 p., 80 euros. Diffusion : www.iddri.org

La Sunoogo dans le Jaden du Zabide (La joie dans le jardin de l’honnête homme), Poèmes de l’atelier OULIPO de l’Agence universitaire de la Francophonie, Mille et une nuits, n° 459, 2,50 euros.

Turner Whistler Monet, dialogue artistique, Catalogue de l’exposition, RMN, 264 p., 39 euros [C.R. de l’exposition dans La Lettre du Paysage, 8].

Ouvrages

Pierre Albert-Birot, Poèmes à l’autre moi, Gallimard, “Poésie”, 300 p. 8,80 euros. [Cette édition rassemble quatre recueils dont La Joie des sept couleurs (1919), poème orné de cinq poèmes-paysages].

Matthieu Amiech et Julien Mattern, Le Cauchemar de Don Quichotte. Sur l’impuissance de la Jeunesse d’aujourd’hui, Ed. Climats, 176 p., 15 euros. [Les auteurs posent le problème de la décroissance comme alternative à un développement et une industrialisation débridés : Personne dans le mouvement social n’a soulevé la douloureuse question du prix auquel nous payons ce “miracle”, en matière de pollutions, d’épuisement des sols, de dégradation des paysages”].

Giulio Carlo Argan, Rudolf Wittkower, Architecture et perspective chez Brunelleschi et Alberti, trad. JJ. Le Quilleuc et M. Perelman, Verdier, collection “Art et Architecture”, 2004. Réédition de Perspective et Histoire au Quattrocento, Editions de la Passion, 1990 [C.R. Lettre du Paysage, 8].

Aline Bergé, Philippe Jaccottet, trajectoires et constellations. Lieux, livres, paysages. Payot Lausanne, 2004, 474 p. 29euros [C.R. Lettre du Paysage, 8].

Jean-Christophe Bailly, La Ville à l’œuvre (1972), éd. revue et augmentée, Éd. de l’Imprimeur, 144 p., 17 ill., 25, 16 euros.

Martine Berger, Les Périurbains de Paris. De la ville dense à la métropole éclatée, Espace & Milieux, 35 euros.

José Bové et Gilles Luneau, Pour la désobéissance civique, La Découverte, 262 p., 17,50 euros.

Buson, 66 HAÏKU, éd. par J.Titus-Carmel, Verdier, 70 p. 12, 50 euros.

Paul Coutant, Le Jardin et cabinet poétique (1609), texte présenté et annoté par Myriam Merrache-Gouraud et Pierre Martin, Presses Universitaires de Rennes, coll. “Textes rares”, 15 euros.

William Chambers, Aux jardins de Cathay. L’imaginaire anglo-chinois en Occident, Textes réunis et présentés par Janine Barier, Monique Mosser et Che Bing Chiu, coll. “Jardins et Paysages, Éd. de l’Imprimeur, 240 p., 90 ill., 30 euros.

Gilles Clément, La Sagesse du jardinier, L’œil neuf éditions, 110 p., 12 euros.

Martine Créac’h, Poussin pour mémoire, Presses Universitaire de Vincennes, “Essais et savoirs”, 173 p. 22 euros. [Avec rigueur et précision, ce livre rééavalue la place de Poussin dans la poésie contemporaine, d’Yves Bonnefoy à Claude Simon dont on découvre, peut-être grâce à la médiation de Poussin, à quel point il est authentiquement poète].

Giancarlo De Carlo, Architecture et liberté, Entretiens avec Franco Buncuga, traduit de l’italien par Anna Rocchi-Pullberg, Editions du Linteau, 310 p., 23 euros.

Gregory Dicum, Window seat. Reading the landscape from the air, San Francisco, ed. Chronicle Books, www.chroniclebooks.com

Philippe Dubois, Vers l’ultime extinction, la biodiversité en danger, Éd. de La Martinière, 192 p., 35 euros.

Umberto Eco et Girolame de Michele, Histoire de la Beauté, traduit de l’italien par Myriem Bouzaher et du grec par François Rosso, Flammarion, 440 p., 39 euros.

Monica Eleb, La Société des cafés à Los Angeles, Éd. de l’Imprimeur, 320 p., 150 ill., 45 euros.

Dominique Fernandez, Venise, photographies de Ferrante Ferranti, Éd. Philippe Rey, 160 p., 45 euros.

Michaël Ferrier, Tokyo. Petits portraits de l’aube, Gallimard, “L’infini”, 120 p., 10,50 euros.

F’murrr, Cheptel maudit, Le Génie des Alpages treizième volume du, Paris, Dargaud, 2004, 48 pp.

Catherine Grenier, GP, éditions du CGP, 2004, accompagnant la Rétrospective Giuseppe Penone du Centre Georges Pompidou, 21 avril-23 août 2004 [C.R. Lettre du Paysage, 8].

Pierre Grimal, Voyage à Rome, Robert Laffont, “ Bouquins ”, 992 p., 29 euros.

Catherine Grout, L’Emotion du paysage. Ouverture et dévastation, Éditions de La Lettre volée, “Essais”, Bruxelles.
E-mail : lettre.volee@skynet.be / Site : www.lettrevolee.com

Suzanne Held (avec des textes de Nathalie Bazin) : Himalaya, monastères et fêtes bouddhiques. Gallimard, coll. Géo, 2004.

Louisa Jones, photos de Bruno Smet, Du jardin au paysage. Trente créations contemporaines en Provence, Aubanel, 45 euros.

François Jullien, L’Ombre au tableau. Du mal ou du négatif, Seuil, 187 pp., 18 euros.

Gaston Lavy, Ma Grande Guerre, Textes et dessins. Annotations et postface de Stéphane Audoin-Rouzeau, Larousse, 318 p., 45 euros.

Bernard Lassus, Couleur Lumière Paysage : instants d’une pédagogie, monum et éditions du patrimoine, 45 euros.

Charles Le Blanc, Laurent Margantin, Olivier Schefer, La Forme poétique du monde, Anthologie du romantisme allemand, Corti, 2003, 764 p.

Alex S. Maclean, L’Arpenteur du ciel, Textuel, 367 p.

David Mangin, La Ville franchisée. Formes et structures de la ville contemporaine, Paris, Éditions de la Villette, 398 p., 35 euros.

Antoine Marcel, Le Jardin du lettré, Éditions Alternatives, 141 p., 20 euros.

Predrag Matvejevitch, L’autre Venise, traduit du croate par Mireille Robin et l’auteur, Fayard, 158 p., 15 euros.

Claude Mignot, La Grammaire des immeubles parisiens. Six siècles de façades du Moyen Age à nos jours, Parigramme, 22 euros.

Jean-Luc Pamart, Le Paysan des poilus, Éditions des Équateurs, 174 p., 17, 50 euros [l’auteur, agriculteur à Confrécourt, laboure les obus, les grenades et révèle les dessous du paysage résultant de la Grande Guerre].

Michel Paoli, Leon Battista Alberti (1404-1472), préface de Françoise Choay, Éd. de L’Imprimeur, 128 p., 45 ill., 23 euros.

Thierry Paquot, Le Toit, seuil du cosmos, Éd. Alternatives, “Lieux dits”, 11 euros.

Thierry Paquot et Chris Younès, Géométrie, mesure du monde, Éd. de la Découverte, “Recherches”, 22 euros.

Michel Pastoureau (texte) Jean Mounicq, (photographie), Le Mont-Saint-Michel, Imprimerie nationale, 168 p., 49 euros.

Dominique Louis Pèlegrin, Stratégies de la framboise. Aventures potagères, Autrement, 14,95 euros.

Bernard Plossu, Routes, Marval, 2002 [C.R. Lettre du Paysage, 8].

Lionel Ray, Comme un château défait, suivi de Syllabes de sable, Gallimard, "Poésie", 7, 60 euros.

Pierre Riboulet, Un parcours moderne, Éditions du Linteau, 158 p., 10 dessins, 18 euros.

Bruno Taut, Une couronne pour la ville, Éditions du Linteau, 184 p., 76 illustrations, 23 euros.

Schuiten & Peeters, La Frontière invisible, (BD), Casterman, 2002-2004, 2 volumes 23 x 30 cms ; 66 et 72 pages [C.R. Lettre du Paysage, 8].

Tomas Tranströmer, Baltiques, traduit du suédois et préfacé par Jacques Outin, Gallimard, “Poésie”, 378 p., 7, 60 euros.

Fabienne Verdier, Passagère du Silence, Albin Michel, “Document”, 350 p., 21, 50 euros. [“La sagesse chinoise a entr’ouvert en moi “les portes de la perception“, et m’a montré comment l’âme humaine, la nature et la création entrent en résonance. ”Résonances, était le titre de l’installation de F. Verdier à l’abbaye de Silvacane, variations sur le motif cistercien de la “feuille d’eau” ou “citelle”].

François Walter, Les Figures paysagères de la Nation. Territoire et paysage en Europe (16è-20è siècles), Les Éditions de l’École des Hautes Études en Sciences Sociales, 2004, 524 p. dont 21 pages de bibliographie, un index des lieux, des noms et des thématiques, et 16 pages d’illustrations hors texte. 47 euros [C.R. Lettre du Paysage, 8].

Wang Wei, Les Saisons bleues, traduit du chinois et présenté par Patrick Carré, Phébus, “Libretto”, 374 p., 10, 50 euros.


Haut de page


Paysages en devenir


• L’ONU estime que l’aviation représente 3,5% des gaz à effets de serre. Cette proportion pourrait grimper à 15% d’ici à 2050. Les (jolies) traces blanches des avions dans le ciel sont des traînées de condensation qui forment des nuages et retiennent une partie de la chaleur montant du sol.

• La France est en retard pour le développement des énergies renouvelables non-polluantes, comme l’énergie éolienne. “259 MW d’éolien sont installés contre 14 000 MW en Allemagne” [Serge Lepeltier, Ministre de l’Environnement et du Développement durable].

• La Russie a ratifié le pacte de Tokyo sur la réduction des émissions de gaz à effets de serre. [Libé 28-X-4]

• En France,
– près de 30 millions d’automobiles, soit près d’un véhicule pour deux habitants, bébés compris ;
– 75% des habitants des villes de plus de 100 000 habitants ont une voiture ;
– 63% des déplacements en ville se font en voiture ;
– la part des transports en commun est passée de 18% à 15% en 2003 ;
– un trajet sur deux ne dépasse pas 3 km ;
– les 4x4 et les voitures lourdes, les transports routiers sont les plus polluants.

• Pub pour Toyota : “Objectif : Zéro émission”.

• L’industrie automobile, confrontée aux nouvelles normes environnementales et aux problèmes de l’approvisionnement en hydrocarbures, cherche à construire une voiture plus propre. En progrès, l’équipement Valeo, “stop and start” qui coupe le moteur dès qu’on s’arrête et redémarre avec une simple pression dur l’accélérateur (équipera la C 3), les équipements hybrides sur les japonaises ou le développement du diesel sur les européennes. Mais rien de décisif. D’autant que l’écologie n’est pas la priorité de l’automobiliste français qui choisit son intérêt (plaisir et argent). De là un mot-valise pour un nouveau concept prometteur : “l’écolonomique” : concilier l’intérêt économique et l’écologie. Le vrai progrès sera celui du changement des mentalités… [Le Monde, 01-X-04]

• Les biocarburants en France : le principal obstacle à leur développement est leur coût plusieurs fois supérieur à celui des hydrocarbures, à quoi on peut objecter que “dans le prix du pétrole n’apparaît pas le coût des marées noires, voire des conflits qu’il engendre. tandis que les biocarburants ont des effets positifs en termes d’emplois, de recettes fiscales, de sécurité d’approvisionnement”, Georges Vermeersch, directeur de Sofiprotéol, établissement financier des producteurs d’oléoprotéagineux. [Le Monde, 28-V-04]

• La Californie vient de durcir sa législation pour limiter les gaz rejetés par les véhicules, le 24 septembre dernier. Grâce à ces mesures de contrôle renforcé, les gaz devraient être réduits de 22% d’ici 2012 et de 30% d’ici 2016. Fin des grandes limousines, trop grosses consommatrices d’essence ? M. Schwartzenegger soutient un projet de California Hydrogen Highway, un réseau de stations à Hydrogène équipant les routes de son Etat pour alimenter les véhicules à piles à combustibles.[Le Monde, 01-X-04]

• Vers un livre-service de la voiture ? Des “cybercars”, véhicules urbains automatiques pourraient dans un proche avenir être mis à la disposition de citadins, incités à laisser leur voiture à la périphérie. Il s’agit du résultat des recherches de l’Inria (Institut national de recherche en informatique et automatique) et de l’Inrets (Institut national de recherche sur les transports et leur sécurité), expérimentés à Antibes. [Le Monde, 01-X-04, “ Des “cyberscars“ pour fluidifier la ville ” par Thierry Chanard et Michel Parent]

• “Le Parisien est un marcheur”, d’après un sondage TNS-Sofres : Les Franciliens et les transports, juin 2004. Il existe même à Paris un “sentier nature” dans chaque arrondissement. Site : www.paris.fr

• Les Européens sont (trop) sédentaires. Attachés à leur pays natal, à leur patrie, leur chez-soi, ils refusent de le quitter pour chercher du travail sous d’autres cieux, contrairement aux populations des Etats-Unis ou de Chine. C’est l’explication donnée au dynamisme économique de ces deux états. [Courrier International, 18-24-XI-04]

• La température moyenne en Arctique a augmenté presque deux fois plus vite que celle du reste de la planète lors des deux dernières décennies. De nouvelles espèces ont migré dans la toundra du Nord-Ouest canadien, comme les écureuils, les rouges-gorges, les grouses, tandis que l’ours polaire et d’autres espèces arctiques disparaissent. En Laponie, les périodes de sécheresse raréfient l’herbe tandis que l’hiver les pluies de plus en plus fréquentes créent une couche de glace sur la neige et empêchent les rennes de brouter le lichen. Le permafrost fond et l’érosion côtière est importante. [Le Monde, 19-XI-04]

• Les glaciers des Pyrénées ont fondu et perdu 85% de leur surface. Il en restait 290 ha en 200 contre 1779 constatés en 1894. [rapport de Greenpeace. Libé, 30-IX]

• La mort de Cannelle, l’ourse, dans la vallée d’Aspe est une “grave perte pour la biodiversité en France et en Europe” (Jacques Chirac). [Libé, 04-XI-04]

• Disparition annoncée des aigles impériaux en Espagne ; il reste 200 individus, victimes des lignes à haute tension et des chasseurs. [Libé, 28-X-04]

• Gilles Clément, Manifeste du Tiers paysage, Editions Sujet/Objet, 2004.
L’idée de sauvegarder la biodiversité dont les “délaissés“, c’est-à-dire les friches, sont les réservoirs éphémères est sympathique et devrait aller de soi. Mais pourquoi convoquer les mânes de Sieyès et faire de ce “Tiers paysage“, la correspondance d’un problématique Tiers Etat ? C’est méconnaître la nature idéologique du manifeste de Sieyès au service, non des “délaissés“ et des exclus, mais de la bourgeoisie qui a la réalité du pouvoir économique et en revendique la reconnaissance politique. C’est l’économie libérale qui actuellement fabrique de l’exclusion sous toutes ses formes. Le “Tiers paysage“, ce serait donc plutôt le Quart monde ! Albert Soboul dans La Civilisation de la Révolution française oppose, du reste, au Tiers Etat un Quart Etat. Sous prétexte de préserver la richesse (biologique, culturelle) des “délaissés“ humains, faudra-t-il les maintenir eux aussi dans leurs “friches“ ? C’était déjà l’idée de la Réserve du Meilleur des Mondes d’Aldous Huxley. Du danger des comparaisons…
On pourrait également objecter que le “non-faire“ est encore un “faire“, conforme à l’idéologie libérale du “laisser-faire“. Il n’est donc pas certain qu’une “pratique consentie du non-aménagement“ soit le meilleur moyen de sauvegarder la biodiversité. En tout état de cause, elle ne peut être le seul. Le maintien ou le développement de la biodiversité implique aussi une politique délibérée et volontariste de gestion des friches et de réimplantation des espèces disparues ou en voie de disparition. [F. C.]

• Construction d’une nouvelle usine de dessalement de l’eau à Ashkelon sur la côte méditerranéenne d’Israël suivant un procédé révolutionnaire qui ramènera le coût du mètre cube à un prix à peine supérieur à celui de l’eau douce naturelle. On envisage la construction d’un gigantesque aqueduc de la mer Rouge à la mer Morte pour lutter contre son assèchement. [Courrier International, 18-24 -XI - 04]

• Plus de la moitié de la population vivra dans les villes en 2006. La population urbaine passera de 2,8 milliards en 2000 à 4,9 milliards en 2030. En 2015, 23 villes dépasseront les dix millions d’habitants, dont 19 situées dans des pays en voie de développement. Bombay : 26,13 ; Tokyo 26,4 ; Lagos : 23 ; Mexico : 19, 2, etc. [Libé, 16-IX-04 : “Les damnés de la ville ”]

• Pour aider à la compréhension et au débat sur l’étalement urbain, le guide de Dolores Hayden, A Field Guide to Sprawl (guide de terrain de l’étalement urbain), à paraître aux éditions Norton (E.U). Professeur d’architecture, d’urbanisme et de civilisation américaine à l’université de Yale, Dolores Hayden a concocté un savoureux glossaire pour désigner les nouvelles formes aberrantes de l’expansion urbaine : un toad (crapaud) est un "site Temporaire, Obsolète, Abandonné ou Désaffecté" ; un alligator, un “projet immobilier avorté”; zoomburb est un mot-valise qui contracte zoom et suburb et peut se substituer à boomburb qui désigne l’explosion démographique suburbaine ; slurry stricken, personnes envahies par le purin ; lulu pour Locally Unwanted Land Use = “utilisation localement non acceptée des terres”. Le projet est né de la prise en compte de la complexité décourageante du code d’urbanisme et de la difficulté rencontrée par des étudiants hétérogènes“ à décrire le paysage quotidien de l’Amérique sans recourir à un jargon impersonnel "Elle entend lutter contre l’urbanisation diffuse favorisée par l’occultation des décisions politiques" : Si on ne sait pas comment appeler une chose, on ne peut pas la critiquer”. Le langage, pense-t-elle, comme les photos aériennes ailleurs, a le pouvoir de démystifier les aspects abstraits ou cachés du paysage. Elle s’inscrit dans une tendance actuelle de la réflexion américaine sur l’étalement urbain dont témoignent de nombreuses publications récentes.
[Courrier international. Hors-Série maison, De toit à moi. Mille et une façons d’habiter, écolo techno déco ethno, octobre-novembre-décembre 2004, pp. 84-85, article repris du New-York Times]

• Dans ce même numéro de Courrier international et entre autres articles aussi intéressants les uns que les autres, celui de Joseph Maria Montamer, repris de La Vanguardia (Barcelone) : “Les métropoles transformées en musées ou en parcs à thème”, conséquence de la mondialisation qui exige la spécialisation des grandes villes, sommées de répondre à leurs stéréotypes. Ainsi Barcelone voit se muséifier son centre historique tandis qu’elle se doit de répondre à sa réputation de capitale du modernisme. [Ibid., p. 82-83]

• A propos de l’installation de Jean-Paul Gaultier dans l’immeuble “l’Avenir du prolétariat” (325, rue Saint-Martin), friche IIIe République en style pompier, qu’il a fait “remodeler” par Alain Moatti et Henri Rivière pour “réveiller un lieu meurtri”. “Dans sa phase moderne, l’architecture a abandonné un rapport à la matière : les matières traditionnelles se patinent, alors que les matériaux d’aujourd’hui se dégradent. Nous essayons à nouveau de raconter des histoires” (A. Moatti). [ Libé, 04-XI-04]

• Les friches du IIIe Reich – la forteresse de Schleiden, l’ancienne usine de missiles de Pennemünde, la station balnéaire de Prora – posent problème : faut-il les conserver et les rendre au public, les archiver ou les dynamiter ? Le sujet reste sensible en Allemagne où le public voit les lieux du nazisme avec des sentiments ambivalents. Il est question, par exemple, de transformer la forteresse de Vogelsang (le chant de l’oiseau) en parc de loisirs. Somme toute, les nazis aimaient la nature, le site est beau et l’occupation de la forteresse par l’armée belge a permis de sauvegarder des espèces rares comme le chat sauvage. [Libé, 16-IX-04]

• Le Lavoir à charbon de Chavannes, en Saône-et-Loire, pourrait être conservé en l’état au milieu d’un grand espace vert. Construit entre 1923 et 1927, l’édifice est l’un des rares témoignages de l’exploitation minière locale qui a cessé en 1999. La construction s’élève sur une douzaine d’étages et couvre 8000 m2 au sol dans un site de 32 hectares. Le projet de réhabilitation retenu est celui de l’agence néerlandaise MVRDV dont le représentant, Winy Mass, précisait devant le jury : “Ne pas développer le site, ne veut pas dire l’abandonner. C’est envisager une autre manière, peut-être durable, peut-être moins artificielle, d’inscrire le Lavoir abandonné dans le territoire : de le rendre contemporain par les thématiques développées autour de sa présence. Un projet sous-tendu par la volonté de laisser la nature reprendre possession de la friche et de la suivre attentivement.” [Le Monde, 17-IX-04]

• Les écomusées sont en crise et se cherchent une nouvelle définition. A l’origine, leur ambition était de relier les notions de musée et d’environnement (Robert Poujade, alors ministre de l’environnement, a créé le mot en 1971). Le mot d’écomusée devait traduire “l’idée d’une convergence de l’espace et du temps pour s’appliquer aux établissements qui accompagnent l’ouverture des parcs régionaux”. Mais assez rapidement le préfixe éco- a désigné l’espace social aussi bien que naturel (exemple du Creusot) si bien que le concept a évolué vers celui de Musée des Arts et Traditions populaires, actuellement dépassé. [Le Monde, 19-XI-04]

The Tree Council (Conseil britannique de l’arbre) vient de lancer une campagne pour la sauvegarde des arbres historiques du pays. Pauline Buchanan Black, directrice générale : “Récemment, une poignée d’imbéciles a mis le feu, pour s’amuser, au plus vieux chêne d’Ecosse ! Le gouvernement doit protéger ces arbres comme il protège les chefs-d’œuvre de l’architecture, et aider leurs propriétaires à veiller sur eux.” [Télérama, 03-XI-04]

• Poundry, en Angleterre, près de Dorchester, réalisé selon les plans du prince Charles est “un cul-de-sac culturel ” pour Stephen Bayley, l’un des plus célèbres critiques d’art britanniques : “Poundry incarne une vision de l’Angleterre. Le prince Charles rejette la course au profit et se trouve bien mal à l’aise dans cette époque honteuse et dégénérée. Il dédaigne ce qui est standardisé préférant les constructions à taille humaine et les clôtures […]. Avec ses 160 hectares, Poundry constitue un site sinistre et sans vie […]. Certes, les lois de composition du pittoresque ont été scrupuleusement respectées. Mais loin de se fondre dans le paysage, Poundry l’écrase par sa lourdeur et son absurdité.” L’une des sources d’inspiration de Poundry est le Heimatstil [style du pays] nazi : “Avec ses pignons accrochés aux tuiles et ses colonnes pompeuses, le Brownsword Hall est un parfait exemple d’architecture nazie.” [Courrier international. Hors-Série maison, De toit à moi. Mille et une façon d’habiter, écolo techno déco ethno, octobre-novembre-décembre 2004, p. 98]

• Dans le cadre de l’acte II de la décentralisation, l’Etat veut céder aux collectivités locales 178 monuments historiques. Parmi eux le Haut-Koenigsbourg en Alsace, Chaumont-sur-Loire, Les abbayes de Montmajour et Silvacane (PACA) ou de Jumièges (Haute-Normandie), le dolmen de Lestrigniou à Plomeur (Bretagne), le tumulus de Sainte-Savine (Champagne), etc. Le problème est celui de l’entretien de ces monuments. L’Etat entend garder les “grands lieux de la mémoire nationale; anciens biens majeurs de la couronne ; archétypes architecturaux à valeur universelle ; grands monastères ou abbayes chefs d’ordre ; sites archéologiques éponymes d’une culture de la préhistoire et ceux constituant des réserves, ainsi que les fragiles grottes ornées.” Tous les autres monuments et sites classés feront l’objet de négociations avec les collectivités locales. Certains monuments comme le Haut-Koenigsbourg ou le château de Chaumont sont rentables mais la plupart, comme la villa Cavrois de Mallet-Stevens à Croix (Nord-Pas-de-Calais) entraînent de lourdes charges. [Le Monde, 19-XI-04]

• Les pays du Nouveau Monde (Afrique du Sud, Argentine, Chili, Etats-Unis, Australie) représentent 23% du commerce international du vin, contre 1% au début des années 80. [Libé, 14-X-04]

• Pour expliquer la surproduction viticole actuelle, on incrimine l’Onivins [Office national interprofessionnel des vins] qui aurait accordé trop d’autorisations de planter alors que la surproduction était patente, l’INAO (Institut national des appellations contrôlées] qui aurait délivré trop d’AOC, les consommateurs qui boivent moins, la mondialisation, la loi Evin qui interdit la publicité pour les boissons alcoolisées sans souci de la culture du terroir… Pour Francis Cruse, directeur de l’Union des maisons de Bordeaux : “il va falloir faire des sacrifices et que les viticulteurs les plus faibles passent la main”. Xavier Carreau, patron du lobby Vin et Société et de la Fédération des grands vins de Bordeaux, renchérit : “Il faut arracher certaines vignes, même en AOC, à l’aide des primes européennes que l’Etat français doit doubler pour inciter les viticulteurs à le faire”. [Libé, 14-X-04]

• A propos des “néovins de cépage” : “La viticulture industrielle pourra demain produire des vins hors-sol avec trois récoltes sous serres garanties par an en Hollande, en Chine ou en Australie. Après-demain, des arômes de synthèse, des levures sèches et un peu d’alcool blanc suffiront à transformer un jus de raisin pasteurisé en grand cru classé. ” Mais heureusement, il reste quelques irréductibles (le syndrome d’Astérix !) qui, bien que ne représentant que peut-être 1% du vignoble français, maintiennent la tradition et ont “eu l’audace de faire le pari de la variété”, celle des terroirs et de leurs multiples cépages. Ils suivent en cela “l’antique prescription d’Olivier de Serres, qui recommandait d’employer et de cultiver les terroirs selon leurs diverses qualités, situations et climats”. La qualité d’un vin dépend du “volume de terre fouillé par les racines pour survivre”.
[Sébatien Lapaque, “Un formidable moment de renaissance”, Le Figaro magazine, Spécial vins 2004-2005, 28-VIII-04]

Mondovino, documentaire franco-américain de Jonathan Nossiter : “J’ai voulu faire un portrait humain de la mondialisation du vin et de la résistance à cette mondialisation […]. Pour moi le terroir est un scénario ; le raisin, un comédien ; le vigneron, un réalisateur qui sait les mettre en valeur. Et je n’ai pas envie d’un monde où il n’y aurait que des vins et des stars qui font de la gonflette ! ”Au demeurant, les vrais stars du film, dans ce monde impitoyable de la viticulture mondialisée, sont peut-être Hubert de Montille et sa fille. Lui, Bourguignon résistant et philosophe, se réjouit de voir sa fille aimer comme lui les vins de caractère à leur image. [Télérama, 03-XI-04].

• Si “la femme est l’avenir de l’homme” (Aragon), elle est peut-être aussi celle du vin (français), et donc d’un certain type de paysage, pour la simple raison qu’elle a plus de nez. C’est ce qui ressort d’une expérience de dégustation à l’aveugle de dix vins différents par un groupe d’amateurs des deux sexes, patronnée par Le Monde, Cuisine et Vins de France et l’équipe du Guide du vin au féminin (www.winewomanworld.com). “Les femmes verbalisent et nuancent leurs propos, utilisent des métaphores ” et sont plus sensibles à la dimension florale et poétique là où les hommes sont plus secs, analytiques et assertifs. L’explication est donnée par une utilisation différente des deux hémisphères du cerveau. L’homme utilise plus la partie droite, lieu des émotions et de l’analyse, et la femme la partie gauche, lieu de la verbalisation et de l’olfaction. Ce qui expliquerait aussi que la vue soit plus développée chez l’homme et l’ouïe chez la femme. Cette spécialisation est-elle génétique ou culturelle ? Vieux débat. Quoi qu’il en soit, hommes et femmes n’ont pas la même perception puisqu’il n’ont pas le même usage de leurs sens et, en conséquence, même quand ils regardent ensemble dans la même direction (le couple pour Saint-Exupéry), ils n’ont pas le même paysage ! [Commentaire libre de l’article de Jean-Claude Ribaut, “Dégustation comparée”, Le Monde, 01-X-04]

• Les métiers du paysage : “faire le paysage” d’un écrivain pour ses romans. C’est l’exemple (à suivre) de Gregg Sutter, researcher (documentaliste) de l’auteur de polars, Elmore Leonard. Il dit aimer donner le paysage à son employeur, lui amener le pays à sa porte, clés en mains. [Libé, 01-VII-04]

• Le sixième centenaire de la naissance d’Alberti est l’occasion de réévaluer son importance. Françoise Choay remarque qu’avec “le De re aedificatoria, Alberti est le premier à poser la question de la beauté dans des termes qui anticipent la Critique du jugement de Kant. Mais il ne dispose pas de concepts qui lui permettraient de dépasser une interrogation sur la nature du beau en tant qu’expérience sensible, propre à l’être humain […]. Son œuvre, écrite ou non, concerne l’institution des groupes humains, famille, église, république, dans la mesure où cette institutionnalisation rend, à travers le temps et les cultures, l’homme toujours plus homme. ” [Le Monde, 19-XI-04]

• Le Père-Lachaise fête son bicentenaire. Il reçoit deux millions de visiteurs chaque année. Ce succès répond à l’idée de sa conception toute nouvelle à l’époque, de cimetière-jardin ; un lieu public aménagé comme une promenade. Réalisé par Alexandre Brongniart en 1804, c’est un cimetière laïque.
Voir Christian Charlet, Le Père-Lachaise, Gal., “La Découverte”, 13 euros.

• L’incinération a de plus en plus de succès auprès des Français : fin des cimetières ? Un autre paysage en perspective…

• C’est également le bicentenaire du sacre de Napoléon Ier. Paris lui doit pour une bonne part son visage actuel : percée de la rue de Rivoli, aménagement des quais de la Seine, celui du Louvre, l’Arc de Triomphe, la fontaine du Châtelet, le palais Brongniart, le canal de l’Ourcq. Dans les environs de Paris, La Malmaison, Fontainebleau, Compiègne portent sa griffe. Napoléon III suivra son exemple : c'était également la date anniversaire du coup d'Etat.

• George Bush a dans son bureau ovale une peinture réalisée par un ami, Tom Lee, représentant un paysage de l’ouest du Texas, une scène de montagne qu’il présente ainsi : “Sara et moi, nous vivons sur le flanc est de la montagne. De là nous voyons le jour qui se lève et non celui qui s’achève.” Commentaire de George Bush. “J’adore l’optimisme de cette peinture, elle exprime ce que je ressens envers l’Amérique. […] Nous avons une foi indéfectible en la liberté et en sa capacité à modifier les sociétés, de transformer un monde hostile en un monde de paix.” [Le Monde, 15-X-04]

Haut